Les locaux parisiens de Mirakl ont accueilli une nouvelle matinale d'Alliance Digitale, consacrée à la transformation du « Search », du référencement traditionnel (SEO) vers l'optimisation pour les moteurs d'intelligence artificielle (GEO). À cette occasion, Alliance Digitale a dévoilé son livre blanc« Le Search à l'ère de l'IA », fruit des travaux du Groupe de Travail IA & Search.
Le constat est unanime : les habitudes de recherche mutent à vitesse grand V, notamment sous l’impulsion de la Gen Z. « Les gens ont compris qu'ils ne recherchaient plus, ils parlent à l'IA », résume Fabrice Canel, Principal Product Manager chez Microsoft Bing, interrogé par David Eichholtzer, Dirigeant et Fondateur de l'Agence WAM. Avec l'apparition de requêtes plus complexes et structurées, les internautes attendent désormais des réponses directes plutôt qu'une simple liste de liens.
Ce changement d'usage entraîne une explosion des impressions mais une stagnation, voire une baisse, des clics sortants. Pour autant, pas de panique chez les géants du secteur. Grégory Dominé, Global Director Search chez L'Oréal, invite à « passer le clic en perte et profit » pour se concentrer sur de nouveaux paradigmes. La qualité du trafic prime désormais sur la quantité : un utilisateur guidé par une IA arrive sur un site avec une intention d'achat bien plus mûre. Le SEO ne meurt pas, il devient une bataille de crédibilité, d'autorité et de structure de contenu.
Face à cette transition vers un commerce dit « agentique » - où l'utilisateur délègue sa recherche ou son achat à un assistant virtuel, les entreprises doivent impérativement adapter leur communication. Sylvain Le Barillec, Head of SEO chez SNCF Connect, souligne l'importance d'anticiper la baisse des clics organiques en optimisant la hiérarchisation des contenus pour qu'ils soient prémâchés pour les robots. Pour les acteurs comme RMC BFM, très dépendants de Google Discover, la multimodalité (vidéos, podcasts, infographies) devient l'arme absolue pour capter l'audience là où elle se trouve.
Pour les géants du e-commerce, l'enjeu s'est déplacé au cœur de la donnée produit. Fanny Guélin, Senior IA Product Manager chez Mirakl, insiste sur l’importance d'injecter une profondeur syntaxique et contextuelle dans les catalogues. Par exemple, pour des chaussures de course, la donnée ne doit plus seulement indiquer la marque et la couleur, mais préciser l'usage (débutant, course sur route, 20 km par semaine) pour correspondre précisément aux critères de recommandation de l'IA.
Sur le plan technique, le défi est de taille. Alexis Rylko, Directeur Technique SEO chez iProspect, rappelle que les bots d'IA génèrent des réponses à la volée et n'attendent pas le chargement d'un site. La réactivité des serveurs devient donc un critère vital. Par ailleurs, de nouveaux acteurs émergent pour bousculer le marché. Olivier Debray, Co- fondateur & COO de SmalkAI, propose déjà de cibler ces nouveaux visiteurs non humains avec des formats publicitaires natifs (Ads for Agents) afin de garantir la présence des marques dans le top 3 des réponses générées par les prompts.
Benoît Rousseau, Head of SEO chez Performics, rappelle que l'hyper-personnalisation et la volatilité des réponses de l'IA compliquent les relevés de position habituels. Pour obtenir une donnée scientifique fiable, l'analyse quotidienne des serveurs (logs) reste indispensable afin de vérifier quels robots d'IA (Bingbot, GPTBot, Perplexity) explorent réellement les pages des sites web.
La conclusion de cette matinale est claire : l’ère du GEO ne fait que commencer. Les marques qui l'emporteront seront celles qui sauront allier la rigueur technique des fondamentaux du SEO à une production de contenu ultra-qualitative.

Découvrez dans le livre blanc :